
Un bout de bois jeté au hasard du monde, dans l'immense terre de sable, celle aux milliards de grains. Un bout de bois sec et morne, abandonné, presque mort. Un bout de bois qui ne sert plus. Le bout de bois n'est qu'un bout de vie...
La mer s'approche lentement puis recule, puis se rapproche puis recule...comme si elle hésitait, comme si elle pensait peut-être se tromper. Le bout de bois reste là, toujours, en attente, patient. Les jours et les nuits joueront-ils des destins? La mer a pourtant le pouvoir de l'emmener pour un voyage, de le porter, au-delà des rives saignantes.
Puis la mer lui lance une vaguelette, puis une autre, et quelques unes encore mais pas suffisamment, le voyage est repoussé. Comme une âme en peine sur un port où aucun bateau n'arrive. Le bout de bois est, certes, humide, il s'est rafraichit, il s'est refait une santé, il s'est lavé aussi, nettoyé de toute cette souillure immonde de ce monde à la dérive qui le fait vomir. La dérive ....justement, peut-être que la mer le sauve en le laissant là. Peut-être qu'elle ne l'entraine pas dans le fond, qu'elle ne l'engloutit pas dans cette écume. Cette mer ne fait pas de noyade. On ne plonge pas dans cette mer, on ne s'abîme pas en cette mer.
La mer...une mère...
Alors elle se retire, sans un bruit, sans un mot. La nuit est longue, trop longue. Le monde du silence reprend ses droits, celui des doutes aussi. Le bout de bois finalement ne restera pas immobile. Une main le prendra, pour le déposer ailleurs mais pas loin, tout près. Le bout de bois n'oublie pas, le bout de bois garde un oeil et une pensée pour la mer.
Le bout de bois ne sèchera plus à présent, il ne pourrira pas. Le bout de bois n'avait plus la mer mais il a eu la pluie, celle qui fait prendre racine, celle qui fait fleurir.
Puis des lunes et des lunes plus tard la mer décide d'y mettre son grain de sel. Bonne idée, le sel donne du goût, le goût qui va contre la fadeur, comme une couleur sur une feuille blanche.
Le bout de bois ne peut être à deux endroits en même temps mais il peut servir d'étai, de cale, de support. Le bout de bois, quel que soit son taux d'humidité et son état, peut se montrer bien plus utile qu'il n'y parait.
Le bout de bois est là, mousses, champignons ou autres attaques, rien ne le fera crever. La mer a toujours ce droit de l'emmener, le bout de bois se laissera voguer sur ces flots.
La mer n'est pas assassine mais au contraire salvatrice.
La mer et ses ressources, le bout de bois et son utilité.......Une osmose....
...à Lydia...
MG 16/04/2016