DIS-MOI...
Toi qui vois dans les regards, plonge toi dans celui-ci.
Crois-tu que l'on puisse se noyer dans cette eau lacrymale qui ne coule pas mais qui est pourtant là, derrière ?
Crois-tu que les stries entourant ces yeux vont continuer à se dessiner, que les sillons de cette souffrance vont encore se creuser ?
Le visage du désespoir peut être beau....quel paradoxe ! Y décèles-tu une douce douleur, cet oxymore portant le poids des années ?
Entends-tu malgré ces lèvres jointes pour taire le mal, appeler à l'aide par l'unique pouvoir de ces iris ?
Vois-tu cette main imaginaire tenter de s'accrocher à ton coeur ?
Sens-tu l'humilité et la dignité retenir tous les sos et les garder prisonniers de son âme à jamais ?
À quand ces regards n'existeront plus ?
À quand le malheur sera-t-il éradiqué de ces peaux tannées par les raclures incessantes de la vie si tant est que l'on puisse donner le nom de vie à certaines existences ?
À quand ce monde bannira-t-il les frissons de peur, inaudibles soubresauts des coeurs mornes ?
À quand notre Mère Terre enterrera-t-elle nos maux, Nous qui lui en donnons déjà tant ?
Toi qui me donnes tant de doutes et tant d'apaisement , ressens-tu ces contraires se marier si bien ? Ces pupilles noires et blanches, ce système pileux noir devenu blanc, cette peau si belle et pourtant marquée, ce visage si attristé sur lequel on veut doucement passer en une caresse notre main protectrice, même moi, je n'hésiterais pas une seconde à déposer un baiser sur ce front plissé en sept endroits.
Dis-moi que tu ne resterais pas sans rien faire, dis-moi que tu donnerais l'amour, dis-moi que tu ferais ta magie, dis-moi que tu serais la couverture qui réchauffe l'homme qui a froid, dis-moi que tu serais la nourriture du coeur pour cet affamé de la vie, dis-moi que tu serais la main qui ôte les épines, qui soigne les blessures, qui referme les cicatrices béantes.
Non, ne dis rien...........je sais..............
MG 22/04/2016
