CITATION 75
Un homme qui n'est pas désiré est un chien errant, solitaire . (Richard Bohringer 1942...)
Un homme qui n'est pas désiré est un chien errant, solitaire . (Richard Bohringer 1942...)
Je peux la regarder sans voir, je peux l'écouter sans entendre, mes pensées voyagent sur la femme invisible, celle qui rôde, à pas de velours dans l'intimité de mes rêves . Elle aussi a un pouvoir étonnant...puisqu'elle me touche sans me toucher . Je sais ce qu'elle fait, je sais les silences qu'elle remplit, je sais les couleurs qu'elle passe sur le fade, je vois les plaies béantes qu'elle cicatrise à une vitesse folle .
Traversant mes déserts et mes plaines, chassant mes manques, elle m'en crée d'autres qui me semblent nécessaires et utiles à ma survie . Cette perpétuelle mélodie accompagnant mes jours et même mes nuits, n'est audible que par mon âme, et je la sens parfois comme s'éloigner, se faire entendre un peu moins sans jamais s'éteindre, puis elle revient, plus douce, plus belle .
Enfanter quelque chose qui ne se matérialise pas et qui pourtant est si fort, est-il réel ? C'est parfois indispensable comme une évidence alors que les paradoxes les plus invraisemblables, les plus fous se dessinent .
Tel un cheval fougueux s'emballant dans le vide en étant complètement submergé de sublime et de nulle part ...
La femme du coeur peut changer l'optique et l'envie sans que je puisse le vouloir mais l'horizon s'éclaircit pourtant d'une telle force .
Elle ne se rend peut-être même pas compte de ce qu'elle fait, ce qu'elle produit, ce qu'elle engendre, ce qu'elle sème alors que c'est incommensurable et tellement bon .
Je sens sa présence à chaque instant dans son absence et plus le manque est là, plus elle est présente .
Mes mains tremblent parfois ... mes yeux, aussi . J'ai également des frissons mais ces ressentis n'ont rien à voir avec la peur au contraire, c'est même tout l'inverse .
Mon imagination essaie de se faire un réel et la réalité me permet de rêver . On a tendance à vouloir les séparer alors que finalement, ils sont un couple indissociable eux aussi .
La femme de rêve est toujours là, devant mes yeux, dans ma tête, dans mes envies, dans mes retenues .
C'est dans les silences que l'on entend les plus belles voix, dans les absences que l'on voit les plus belles choses, on a pourtant envie de dévier pour aller vers ce qui attire, ce qui aimante . Les besoins évoluent peut-être .
La dame de coeur est là, près de moi ...
MG 18/04/2013
Il n'y a que dans le silence que la douleur s'entend . (Richard Bohringer 1942...)
Dans un silence obscur, il se parfume de son empreinte,
Son coeur a la légèreté d'une plume, lorsqu'il l'étreint.
Il aime laisser mourir ses baisers sur le corps aimé,
Et suspendre la complainte en offrant son âme affamée.
Nourrir ce coeur , en frissons est son désir le plus fort,
Elle donne tout de son âme, et tout son corps,
Enlacés tendrement quand les émotions se diffusent, Le sentiment qu'à chaque jour, jamais l'amour ne s'use.
Je voulais, mais en vain, par un effort suprême,
En me sauvant de toi, me sauver de moi-même ;
Mon œil, voilé de pleurs, à la terre attaché,
Par un charme invincible en fut comme arraché.
À travers les brouillards, une image légère
Fit palpiter mon sein de tendresse et d'effroi ;
Le soleil reparaît, l'environne, l'éclaire,
Il entr'ouvre les cieux.... Tu parus devant moi.
Je n'osai te parler ; interdite, rêveuse,
Enchaînée et soumise à ce trouble enchanteur,
Je n'osai te parler : pourtant j'étais heureuse ;
Je devinai l'amour, et j'entendis mon cœur.
Mais quand ta main pressa ma main tremblante,
Quand un frisson léger fit tressaillir mon corps,
Quand mon front se couvrit d'une rougeur brûlante,
Dieu ! qu'est-ce donc que je sentis alors ?
J'oubliai de te fuir, j'oubliai de te craindre ;
Pour la première fois ta bouche osa se plaindre,
Ma douleur à la tienne osa se révéler,
Et mon âme vers toi fut près de s'exhaler.
Marceline Desbordes-Valmore 1786-1859
Autre version avec un orchestre philharmonique Concerto Suite for Electric Guitar and Orchestra :
Ou live at Budokan , Tokyo :
La nuit de ma chambre s'emplit de mon cri interminable. (extrait) (Catherine Charrier 1962... )
Laisse-moi courir vers toi comme la cascade se jette dans les profondeurs,
L'attente n'annihile pas les plaisirs, loin s'en faut . Elle en crée, se délecte des situations particulières, qu'elle engendre . Devoir penser à l'avance à un hôtel, à un lieu de rencontre, tout préparer pour que l'agrément soit à son comble . Réfléchir, comparer les endroits, les possibilités, imaginer l'enchainement des moments, qui, enfilés comme des perles, feront la soirée . Prévoir et se réjouir de cette anticipation .
Et puis aussi penser aux vêtements, aux parures, appréhender l'effet d'un décolleté, d'une longueur de robe, d'une échancrure, de la bordure d'un bas, en être soi-même troublée au point de jouir très vite devant la glace, en quelques secondes, en quelques gestes de l'annulaire et du majeur .
Avant chaque rencontre, laisser venir à soi la perspective de la plénitude . Cette délectation dans la durée et la répétition, existe-t-elle sans l'attente ? Est-elle dissociable de la précarité du lien adultère ? On dit qu'elle se nourrit de l'absence de certitude .
Et puis l'excitation légère de l'attente à la terrasse d'un café, quand le regard cherche au coin de la rue la silhouette familière désirée mais toujours échappée, et ce moment, où venant d'ailleurs une main se pose sur votre épaule . Comment égaler ce bonheur intangible de l'apparition, de cette allure de l'autre à venir vers vous, légèrement porté, soulevé par le désir, avec ce sourire flottant qui vient du fond des joues, de ces mêmes glandes qui font qu'on se régale d'un mets quand il approche avant même de l'avoir goûté .
L'attente compte ses plaisirs un à un, d'ailleurs elle ne déteste pas l'ordre . On y range ses souvenirs comme des livres dans une bibliothèque . Elle rend aussi attentif à saisir les occasions qu'à les organiser, à gérer leur ordonnancement . Dans l'attente on cultive le double talent d'opportuniste et de planificateur . L'attente enseigne à doser le plaisir en fonction du temps imparti . Tel rendez-vous reste confiné entre deux séquences de vies, qu'à cela ne tienne, il vous appartient alors de lui donner de l'intensité . L'attente n'est pas ennemi de l'instant .
Elle se repaît de mille petits plaisirs d'autant plus forts qu'ils sont volés . On se prend à bénir l'attente, à la chérir de ne dispenser que de rares moments . En elle s'égrènent les gestes de l'autre comme autant de diamants . L'attente pare de préciosité l'ordinaire . Elle est un prisme à travers lequel la lecture du monde avec l'autre a des airs de sublime.
Catherine Charrier