ENVOUTÉ
Cette fièvre qui monte , qui rougit mon visage ,
Les mots dansent , frissons ni chauds , ni froids ,
Mes yeux ouvrent la porte , fabuleux voyage ,
Exquis reflet qui se téléporte en moi .
Où s'entrechoquent dans mon esprit ,
Clashs violents et douceurs de prose ,
Alliance poétique de vers qui séduit ,
Mon âme , et enfante une osmose .
Au charme suave qui lève les brumes ,
Prenant place entière , tuant le temps ,
Pour ne plus qu'il ne se consume ,
Inoculant d'indélébiles sentiments .
Sa robe d'encre m'imprègne l'intérieur ,
Vibrations , tremblez , emportez-moi ,
Ainsi vous ferez palpiter mon coeur ,
Si souvent en berne , réveillez l'émoi .
La plume lassée de battre , de voler ,
Se pose et se laisse glisser lentement ,
Laissant ses traces noircies sur le papier ,
Que de savoir voler , il y a bien d'autres talents .
Les passés , les rêves ou désespoirs ,
Pourtant lorsqu'ils sont ainsi narrés ,
Même la noirceur a le pouvoir
Justement de me faire planer .
MG 21/02/2012
...merci à celles et ceux qui m'emportent dans leurs écrits ...
L'ATTENTE...LATENTE
En toi tu ne vois la quitessence ,
Me libère , assassines mes bourreaux ,
Les limbes de mon futur sans arrogance ,
Par l'espoir seront pris d'assault .
En sachant tant allier les mots ,
M'envoûter , faire danser mes rêves ,
Sortilège doux sans soubresauts ,
Paroles enchantées qui m'enlèvent .
Et l'âme perçant ma chrysalide ,
Renaissance , divine métamorphose ,
Me vidant de cet infâme acide ,
Mon évidence , ma suprême dose .
Les rochers lisses et sans âmes ,
Se brisant , laissent parler l'histoire ,
Comme un coeur perdant sa flamme ,
Déchirure , et se laisse entrevoir .
Relie-moi de ta sublime présence ,
Ni l'absence , ni l'éxil , ni même l'oubli ,
Ne peuvent froisser cette élégance ,
Et à l'abandon je lance un defi .
L'attente est un cruel supplice ,
Souvenirs des temps si veloutés ,
Sans masque , sans fard ni artifices ,
Que ma légende soit réalité .
À Toi...
MG 30/01/2012
REINE ESSENCE
Je m'use , je m'effrite , où les pantins sont légions ,
Ni dieu , ni maitre , une plainte , un exutoire ,
Cherchant un chemin , une route , un horizon ,
Chaque fois je m'échappe , je rêve , je sors du noir .
Ma vie étant comme en état de siège
L'esprit tâché et maculé de doutes ,
Le destin est un leurre qui vous piège ,
Et votre sang pleure goutte à goutte .
Je flotte indéfiniment comme une épave ,
Qu'une mer d'écume ne sait où rejeter ,
Ces douleurs qui m'enchainent , qui m'entravent ,
Ô déesse, délivres-moi , vient me chercher .
Cette eau que mes fantasmes assècheront ,
Lorsque ma voie se sera ouverte ,
Plus jamais d'orages , ni tourbillons ,
Plus rien ne mènera à ma perte .
Une existence blafarde mais souillée ,
Question de survie , livrer bataille ,
Vous les démons , serez annihilés ,
Et sortirez , enfin , de mes entrailles !
Et vient dans mes pensées automnales ,
Comme un damné lêchant ses blessures ,
Toi qui suture mes peines viscérales ,
Toi qui cicatrise mes écorchures .
Au loin , cette forte lueur exquise ,
Approche d'un recours , d'un autre temps ,
Où toute folle suprématie s'enlise ,
Où plus rien ne casse , ni ne se fend .
Les vautours ne tournoieront plus ,
Balayés par les vents de l'espoir ,
Les désillusions , les déconvenues ,
Gommées , ne viendront plus me voir .
Funèbre adieu , la vie puante et sa laideur ,
Un jour , finiront par se séparer ,
Faisant l'hécatombe dans mes peurs
Et moi , je serai là , ivre de volupté .
MG 17/01/2012
...À NADE...
Chaque jour , plongé dans ma solitude ,
Personne à toucher , personne à sentir ,
Où le silence devient une habitude ,
Où s'allonge la liste des désirs .
La vie qui se perd en lambeaux ,
Qui pourrit comme un fruit mâché ,
La mer abandonne sur un ilôt ,
Ma conscience esseulée .
La vie est peut-être un rêve
Dont la mort nous réveille ,
Elle n'est peut-être qu'une fièvre
Nous plongeant dans un sommeil .
Et puis mon linceul s'envole ,
Lorsque tes mains accouchent ,
Chaque jour ces mots qui cajolent ,
Qui m'imprègnent , qui me touchent .
Nos pensées , nos vicissitudes ,
Flottent comme un bateau ,
Où l'on se dévoile , se dénude ,
Où l'on va au fil de l'eau .
Des petits instants qui brillent ,
Qui pleurent des confidences ,
Qui tiennent quand on vascille ,
Qui apaisent les souffrances .
Une bouffée d'air , un oxygène ,
C'est toi que je respire ,
Une bulle , un parfun règne
Et je bois ton élixir .
MG 15/01/2012
Merci à toi , Nade , pour ton écoute ...
...À BERYL...
Tristesse
Si je pouvais trouver un éternel sourire,
Voile innocent d'un coeur qui s'ouvre et se déchire,
Je l'étendrais toujours sur mes pleurs mal cachés
Et qui tombent souvent par leur poids épanchés.
Renfermée à jamais dans mon âme abattue,
Je dirais : " Ce n'est rien " à tout ce qui me tue ;
Et mon front orageux, sans nuage et sans pli,
Du calme enfant qui dort peindrait l'heureux oubli.
Dieu n'a pas fait pour nous ce mensonge adorable,
Le sourire défaille à la plaie incurable :
Cette grâce mêlée à la coupe de fiel,
Dieu mourant l'épuisa pour l'emporter au ciel.
Adieu, sourire ! Adieu jusque dans l'autre vie,
Si l'âme, du passé n'y peut être suivie !
Mais si de la mémoire on ne doit pas guérir,
À quoi sert, ô mon âme, à quoi sert de mourir ?
Marceline Desbordes-Valmore 1786 - 1859
Merci à toi , Beryl , qui m'a fait découvrir cette poètesse . Ce poème est pour toi ...
09/01/2012
LA VIOLONISTE
Peu importe crépuscule ou aurore ,
Les brumes libèrent toujours nos visions ,
Des rêves , dit-on , au premier abord ,
Je sais la folie des horizons .
A travers l'épais brouillard de fraicheur ,
Une silhouette lentement se dessinait ,
Renaissance peut-être venue d'ailleurs ,
Comme de glace , le temps se fixait .
Mes yeux commençaient à se noyer ,
Dans l'immensité de l'étrange ,
Perdus entre mirage ou réalité ,
Plus rien ne bouge , plus rien ne change .
Telle une sirène sortie de l'écume ,
La pâleur contrastant sa robe noire ,
Dissipant toutes mes amertumes ,
Ressuscitant même les espoirs .
Mélodie résonne comme une offrande ,
De son violon les notes s'envolèrent ,
Symphonie à qui les âmes se vendent ,
Je m'enfuis même dans son univers .
Ses cheveux ondulant sous la brise ,
Semblant déjà vouloir m'emmener ,
Mes plus chers désirs se réalisent
Ne plus croire et ne plus douter .
Femme fatale ou fée sensuelle ,
L'attirance pourtant me fige ,
Peut-être n'attendais-je qu'elle ,
Pouvoir de séduction oblige .
Sa musique embaume mon esprit ,
Longueur de vie dans l'éphémère ,
Soudain une frayeur m'envahit ,
La fin , le retour en arrière .
De ma vue comme effacée ,
Puis le vide se fait visuel ,
Dès lors seulement dans mes pensées ,
Ma violoniste reste éternelle .
MG 21/12/2011






