LE FEU
Hier soir, un soir comme les autres, sur une terre brûlée, à respirer les cendres froides d'une vie ni rebondissante, ni plate, une vie sans existence. Comme tombent les feuilles d'un arbre à l'esprit morne, les idées s'entrelaçant de rêves intouchables, de voies utopiques, l'automne était bien là. Même mes veines s'asséchaient comme une rivière tarie.
Des bribes de vie qui se disloquent, une tête qui se détache d'un corps, des cris qu'on aurait tenté d'étouffer, des jambes coupées pour empêcher d'avancer, toutes ces pensées m'envahissaient encore ou plutôt essayaient de m'envahir.
Un visage qui tente de rester propre malgré la saleté qui a pourri son intérieur, c'est peut-être ça le combat à mener.
La vie n'a rien fait de mal, bien sûr, puisqu'elle est abstraite, ce sont les choses et les gens qui la composent les seuls responsables de tout. Certains des alliés, d'autres des poisons.
Les êtres malfaisants, répugnants, ont oublié une chose. Tant qu'on n'est pas mort, ils ont perdu.
Ni haine, ni méchanceté, juste la suite logique de mon âme, celle qui au fond d'elle, aime. Celle dont la main dessine, même ensanglantée, des rayons de soleil.
Pourquoi mon esprit est un ciel ? Pourquoi est-il tantôt voilé, nuageux, tantôt ensoleillé ? Ce voyage, qui n'en n'est pas un puisque je reste amarré au port, enchaîné à l'ancre du désespoir, me semble tout à coup, changer de destination.
"Satan, tiens-toi bien ! Désolé ! Je ne jouerai pas la partie avec toi !"
Les nouvelles lunes vont peut-être m'enivrer, et je puis vous dire que si elles viennent à moi , je vais m'y saouler à cette délivrance, je vais éclater, crier, courir, sauter... les salauds seront morts.
C'est désormais la boue qui s'assèche, les mauvais yeux qui brûlent, ma main regorge de puissance, de feu, de flux, de vent.
"Satan, tes disciples sont maintenant pour moi, des soldats de plomb".
MG 10/11/2012





