COMME SI...
Comme si l'amour dans le miroir vrai de son éloquence,
Attirait les immuables subjugués par l'élixir et ses fragrances,
Comme si les pensées dans le silence enveloppaient les coeurs,
Envoûtés dans la pureté indécise des absences lovées de candeur.
Comme si la folie se faisait prisonnière retenue derrière la porte,
Pourtant arrachée sans blessure par une liberté qui l'emporte,
Comme si l'impossible et l'évidence ne faisaient plus qu'un,
Se jouant des facilités aguicheuses piégeant les chemins.
Comme si les peurs disparaissaient, et, cassant toutes les épines,
La force inventive, éternelle gagnante comme seule doctrine,
Comme si les mains toujours douces aux multiples caresses,
Sauvaient la peau, des frissons par qui la vie agresse.
Comme si la tendresse, indispensable, en sentiment roi,
Que rien n'abaisse ni même ne puisse ôter l'émoi,
Comme si les coeurs prenaient le pouvoir irréversible,
Dont la conscience ne pourrait se défaire du compatible.
Comme si la mélodie des mots comme véritable partition,
Dans l'harmonie des corps, les gestes fondent dans l'abandon,
Comme si l'alliance indestructible, fière, en surmontant le feu,
Déjouait les caprices, espiègles, et toutes les règles du jeu.
Comme si les amants ostracisés dans un monde irréel,
Inconnus des passants, se vouaient à leur confidentiel,
Comme si cet amour n'avait pas de planète où se poser,
Planant dans l'espace, en voyage, comme le rêve inachevé.
MG 05/11/2017
