D'AILLEURS 6
Le cheval d'ailes en son domaine s'est envolé,
Volant même ma raison d'être, mon serment,
Princesse aux silences, doucement s'est mué,
Mon armure vide, inutile, au royaume du néant.
En ces contrées lointaines, magiques mais inconnues,
Chevalier errant, en route pour fendre son hiver,
Ni guerre, ni batailles, ni même Saint Graal en vue,
Ne guident mes pas, ni ne reflètent l'enfer.
Plus de combats à mener, et, morne, lâchant l'écu,
Les armes luisantes, de rien finalement souillées,
Preux et servant, un manant devenu,
Mon Isabeau perdue, son âme enfermée.
Lequel de ces châteaux, un jour sonnera l'oliphant,
Annonçant ma venue, fier et droit, en vainqueur,
D'une âme déchue, me délivrant des carcans,
Anobli et désormais ayant droit de votre coeur.
Les yeux ailleurs, sans fumée, l'enchantement,
Soudain venu de nulle part, en miracle,
Se pose en histoire, comme à moi, devant,
En douceur, sans défi, sans obstacle.
Mon Isabeau, en chair et magie des temps,
Bouffon sans roi, sans loi, ni pouvoirs,
Chevalier nu, presque s'agenouillant,
Rougit par la flamme, encrera le grimoire.
MG 27/08/2017
