AMOUR PAR TAIRE
Force invisible sous perfusion des regards avortés,
Les silences effeuillent les rêves de l'incertain,
Où pudeur frustrante en voile de l'amour étouffé,
Suinte la souffrance morne des coeurs orphelins.
Et si les vraies couleurs peignaient la transparence ?
Si la vérité éclatée dans le secret de l'intime,
Par les gestes, les mots, et même l'indécence,
Se traduisait dans la langue du culte sublime ?
Bannir l'aveu en paradoxe du mutisme mutant,
Par l'épée blessante de la vie presque imposée,
Petit filet de larmes pour un mal en torrent,
Et les bouches aux yeux se déclarent divorcées.
Le temps sans durée qui, dans l'amour ineffable,
Puise sa source en soumis chronophage,
S'écoule tel un sablier perpétuel et inusable,
Enfermant les âmes dans son ultime sarcophage.
MG 11/11/2016
Photo tirée du film "Mademoiselle Chambon"
