MEYTAL COHEN - The diary of Jane (BREAKING BENJAMIN COVER) + Bad county (AVENGED SEVENFOLD cover) + Savior (RISE AGAINST cover)
Meytal Cohen : un rêve à 60 000 dollars
Mercredi, 10 juillet 2013 à 18:03 par Alastor
En dehors de la seule volonté de réaliser quelque chose, parvenir à concrétiser un projet nécessite depuis toujours un seul indispensable élément : une assise financière suffisante à défaut d'être conséquente. Un constat d'autant plus véridique dans le monde impitoyable de la musique où rien ne se fait à base de seule bonne volonté. Car, quand aujourd'hui certains artistes reconnus, avec quelques décennies d'activité au compteur, par exemple, en viennent à réclamer l'aide financière de leurs fans, il est évident que pour tout jeune groupe en quête de gloire et de succès le chemin est plus que jamais tortueux, ingrat et définitivement long.
Mais, a contrario de leur aînés, les jeunes pousses artistiques d'aujourd'hui grandissent dans un monde qui mute et qui passe à son format « upgradé ». Internet est le premier vivier d'artistes émergeant ou en devenir. Un puits sans fond de talents où l'on déniche (souvent) quelques phénomènes éphémères sans grand intérêt, mais aussi de nombreux artistes qui, par leur talent certain, savent se forger une base importante de fans. Par exemple : Meytal Cohen (non, Meytal n'est pas un pseudonyme mais bel et bien un vrai prénom d'origine israélite). Cette jeune demoiselle connue sur la Toile pour ses nombreuses reprises à la batterie de groupe tels que Slipknot, Tool, Metallica ou encore SOAD, comptabilise plus de 360 000 fans sur Facebook, 65 millions de vues sur ses vidéos YouTube et quelques 330 000 abonnés à sa chaîne. Des chiffres qui pourraient faire pâlir plus d'un zicos à la notoriété bien plus importante. Elle est devenue grâce aux réseaux sociaux, l'israélienne qui a le plus grand nombre de fans sur Facebook après le premier ministre Benyamin Netanyahu, et est devenue la musicienne israélienne la plus connue du monde.
Fière et forte de cette réussite (car c'est bel et bien une réussite que de souder une telle communauté autour de soi en partant de quelques covers), Meytal veut désormais passer à la vitesse supérieure. Aujourd'hui, huit ans après avoir quitté ses terres israéliennes pour venir vivre son rêve américain à Los Angeles, la jeune femme désire offrir à ses fans son véritable premier opus de compositions originales. Et pour se faire, 60 000 dollars sont requis.
Voici le premier titre de cet opus : « Breathe ». Miss Cohen explique : « Il y a quelques mois, j'ai décidé que je devais écrire et produire un album complet. La première étape était de faire une chanson complète et de voir comment celle-ci allait fonctionner. Et donc « Breathe » est née. La première version de cette chanson (guitare et basse) a été écrite et enregistrée par mon plus talentueux ami Gil Baram (ndlr : le guitariste aux dreadlocks dans la vidéo). » Après trois ans à jouer des reprises devant sa caméra, Meytal Cohen veut désormais rentrer dans la cours des grands et a pour ambition de présenter le plus beau CV qu'elle puisse offrir. Quelques élans pop, un metal moderne croisé aux vieilles racines du néo-metal, ce premier morceau souligne les premiers amours musicaux de la cogneuse.
Pour celle-ci, ce premier titre représente la pierre angulaire de son travail futur mais également un témoignage : « 'Breathe' est et sera toujours la première chanson que j'ai publié dans ce monde. Je pense que le nom du titre correspond vraiment à là où j'en suis dans ma vie actuellement. Ce chemin que nous choisissons en tant qu'artistes peut être un peu écrasant – ne sachant pas si tu vas avoir assez d'argent pour payer le loyer du mois prochain – et cette petite voix au fond de votre esprit qui dit : 'Et si ma famille avait raison ? Et si je perdais vraiment mon temps ? Putain de merde ! Que vais-je faire alors ?' J'ai appris que tu dois apprécier l'aventure et je me souviens de toujours respirer. »
L'optimisme ayant toutefois ses limites, vient toujours un moment où il faut constater que dans ce monde de bonnes intentions ne suffisent pas pour avancer, Meytal s'en remet donc à ses fans afin de réaliser son rêve. 60 000 dollars... Voilà la somme espérée par la musicienne. Indépendante et recourant à la méthode du crowdfunding, cette somme permettrait à la batteuse de régler la note de studio, la rémunération d'un producteur, de musiciens, d'un créateur pour l'artwork, etc. Un financement participatif qui aiderait ce projet à se mettre en place avant d'éclore. Ce dernier ayant déjà reçu l'aide de Dave Schiffman qui s'est occupé du mixage de « Breathe » (et qui a déjà collaboré par le passé avec Avenged Sevenfold, Rage Against The Machine, System Of A Down...), et de Paul Logus (qui a travaillé avec Limp Bizkit, David Bowie, Killswitch Engage) pour la phase de mastering du titre.
Internet a ouvert une fenêtre de visibilité sur cette jeune demoiselle (sa première vidéo postée sur le Net remontant au 7 août 2007), attirant les regards et encourageant cette effervescence. Et maintenant que Meytal Cohen touche un peu plus son rêve du bout des doigts, est-ce que ce nouveau moyen aussi développé à travers la Toile qu'est la production participative lui paiera son entrée vers l'avenir ? Mais ses fans iront-ils jusqu'à dépenser leur argent afin de voir l'artiste éclore ? Et ce dans les meilleures conditions (plus la sommes récoltée sera grande, plus le produit final sera de qualité) ? A priori, avec 300 000 fans sur Facebook, un euro (ou dollar) par personne aurait de quoi propulser la musicienne. Et finalement, si elle parvient à ses fins, alors plus que jamais ce lieu commun aura tout son sens : « tout vient à point pour qui sait attendre ». Le travail paie, la réussite se gagne.